5 jours dans la forêt Amazonienne depuis Rurrenabaque 

Impossible de visiter l’Amérique du Sud sans planifier une excursion de quelques jours à travers l’incroyable forêt Amazonienne. Amoureux de nature et esprits aventuriers y trouveront de quoi étancher leur soif de découverte, au-delà même de leurs espérances. Depuis La Paz, capitale de la Bolivie, on rejoint la ville de Rurrenabaque déjà loin de tout. De là, le vrai voyage commence. On s’enfonce à pied dans la végétation profonde de la selva, ou on glisse en barque, sur les rivières marécageuses de la pampa

Dans cet article, je vous partage mon expérience pour vous aider à préparer au mieux cette découverte de la jungle d’Amazonie.

Traversée par l’Amazone, le deuxième plus grand fleuve au monde, la région de l’Amazonie s’étend sur neuf pays : le Brésil, la Bolivie, la Colombie, le Pérou, l’Équateur, le Venezuela, le Suriname, le Guyana et la Guyane française. Cette immense étendue de nature abrite plus de 10 % de la biodiversité mondiale notamment :

  • 40 000 espèces de plantes ;
  • 3 000 espèces de poissons ;
  • 370 de reptiles ;
  • 550 millions d’hectares de forêts denses ; 
  • 6 600 km de rivières. 

C’est un environnement tellement peuplé d’êtres vivants que la majorité des espèces qui y vivent n’ont pas encore été répertoriées. Malheureusement, cette richesse est menacée par l’activité humaine (déforestation liée à l’agriculture, exploitation minière, feux, etc.)

Maintenant que vous en savez un peu plus, voyons comment préparer au mieux votre excursion en Amazonie. 

Informations pratiques : découvrir l’Amazonie bolivienne

D’où partir pour découvrir la forêt Amazonienne ? 

Il existe de nombreux points d’entrées pour explorer l’Amazonie. Mon expérience ne concernant que la section bolivienne, c’est cette partie là que je développerai dans l’article. Si vous hésitez entre un départ depuis Rurrenabaque (Bolivie) ou Puerto Maldonado (Pérou), vous trouverez un comparatif des deux régions un peu plus bas.

Comment se rendre à Rurrenabaque depuis La Paz ? 

Rejoindre Rurrenabaque est une aventure pleine de rebondissements. 

En gros, deux options s’offrent à vous.

La Paz Rurrenabaque en bus 

La première est d’emprunter un vieux bus depuis la station la Fátima jusqu’à Rurrenabaque. C’est la même station que pour se rendre au départ du trek el Choro. Le trajet, qui dure une nuit entière (entre 8 et 11 heures), est plutôt sportif. Les bus sont très très (très) anciens et suivent une route plutôt dangereuse dont certains passages à flanc de falaise risquent de laisser des sueurs froides aux plus vertigineux d’entre vous. Le confort est assez sommaire et pour les toilettes, c’est dehors derrière le véhicule que ça se passe. (Ou, si vous avez de la chance, dans les quelques villages que vous croiserez en chemin).

La Paz Rurrenabaque en avion

Plusieurs compagnies assurent le vol entre la Paz et Rurrenabaque. Pour ça, vous devrez vous rendre à l’aéroport international El Alto. Les avions sont de toute petite taille et le vol est très court (40 min), mais il vous coûtera 5 à 6 fois plus cher que le bus. 

À vous de choisir. De mon côté, j’aime bien prendre le bus, histoire de pouvoir apprécier la distance. Aussi, j’ai une peur bleue des avions et je n’avais pas vraiment de budget, donc mon choix était vite fait. 

Quand visiter la jungle de Rurrenabaque ? 

Le meilleur moment pour visiter la forêt Amazonienne depuis Rurrenabaque est pendant la saison sèche qui s’étale de mai à octobre. Les sentiers et les routes sont plus accessibles et l’observation de la faune dans la Pampa est simplifiée. C’est aussi la période touristique, donc les prix seront plus élevés. En fin de saison sèche, le niveau de l’eau est au plus bas, ce qui favorise l’observation des anacondas.

Bon à savoir : vous pouvez visiter Rurrenabaque durant la saison des pluies de novembre à avril. La végétation n’en sera que plus luxuriante et vous ne croiserez pas beaucoup de touristes. Attention : certains accès peuvent être fermés en raison des conditions météorologiques. 

Où manger à Rurrenabaque ? 

Vous trouverez dans la petite ville de Rurrenabaque de nombreuses options pour boire un verre ou casser la croûte. 

Voici quelques recommandations : 

Luz de Mar

Super petit restaurant qui propose des menus avec un très bon rapport qualité/prix. Le ceviche est particulièrement fou. 

Juliano’s Restaurant 

Un restaurant franco-italien qui propose des viandes de qualité et une ambiance chaleureuse. L’Entrecôte au chorizo sauce roquefort est un vrai succès. 

Panaderia Paris 

Quand on m’a parlé d’une boulangerie tenue par un français aux portes de la forêt Amazonienne, j’ai eu quelques doutes. Et pourtant…

La Panaderia Paris est une vraie pépite. Les pains au chocolat sont délicieux et vous pouvez passer commande de sandwichs, quiches, etc. Idéal pour faire le plein de vivres avant votre expédition (ou pour le trajet du retour).

Que faire à Rurrenabaque ? 

Si vous tentez l’aventure jusqu’à Rurrenabaque c’est pour un objectif bien précis : découvrir un aperçu de la gigantesque forêt Amazonienne. Pour ça, vous aurez le choix entre plusieurs agences locales qui proposent toutes des tours assez similaires. Vous pourrez décider le nombre de jours que vous souhaitez passer dans l’Amazonie bolivienne, mais aussi combien de temps vous voulez rester dans chacune des deux zones. Ces zones, ce sont la Pampa et la Selva

La Selva : ou la forêt tropicale

La Selva, c’est la jungle, épaisse, humide et foisonnante de vie. Vos journées seront rythmées par des balades à la découverte de la flore et la faune. Pour l’hébergement, vous dormirez dans des baraquements en bois. Une aventure vraiment unique dans laquelle vous aurez l’occasion de rencontrer plusieurs communautés qui vivent en totale autarcie. Certaines agences proposent aussi de passer une ou plusieurs nuits en bivouac au cœur de la jungle (sous une moustiquaire quand même). Ambiance survie, feu de camp et poissons grillés. Si vous avez l’âme un peu intrépide, je vous le recommande à 100%, c’est de loin ce que j’ai préféré. 

La Pampa : ou les plaines inondables

La Pampa, c’est une autre ambiance. Sur une petite barque à moteur, vous serpenterez sur les cours d’eau afin de découvrir différentes espèces animales. La faune est plus dense et bien plus facile à apercevoir que dans la Selva (capybaras, alligators, dauphins, singes, tortues, etc.). Cette facilité d’observation en fait une zone plus touristique. Pour les hébergements, vous dormirez dans des baraques en bois construites sur pilotis au-dessus de la rivière. 

Avec quelle agence partir visiter l’Amazonie ? 

Il existe de nombreuses agences et certaines changent d’une année à l’autre. Pour trouver les conseils les plus “frais”, rejoignez le groupe Facebook des Français en Bolivie. Des centaines de voyageurs échangent chaque jour et vous pourrez facilement dénicher une agence qui vous convient. De mon côté, j’ai choisi l’agence Baldemar (en 2023) et tout s’est déroulé à merveille. Les deux guides étaient très à l’écoute et ont rendu l’expérience extraordinaire.

Bon à savoir : pour réduire les coûts, vous pouvez aussi prendre contact directement avec un guide sans passer par une agence.

Pampa ou Selva : que choisir ? 

Les deux environnements vous font de l’œil, mais vous êtes limité par le temps ? 

Pour vous aider à faire un choix, voici un tableau récapitulatif des différents points forts de chaque endroit.

Pourquoi choisir la selva : tableau
pourquoi choisir la pampa : tableau

Mon avis sur la Selva

De loin la partie que j’ai préférée. Marcher à travers la forêt Amazonienne est une experience vraiment unique. La richesse de la biodiversité, ses couleurs, ses odeurs, ses bruits, plonge tous les sens en éveil. Chaque guide emprunte ses propres sentiers et même s’ il n’est pas rare de croiser d’autres groupes, on a presque l’impression d’être seul dans ce monde végétal. Il faudra néanmoins une condition physique correcte pour assumer la marche. 

Les excursions ne sont pas longues (maximum 3 heures) mais la chaleur et l’humidité rendent chaque mouvement épuisant. Pour l’observation des animaux, ces derniers se font plus discrets. Nous n’avons pu apercevoir que quelques types d’oiseaux et des singes hurleurs. Mais les insectes rattrapent largement le coup avec de nombreuses espèces passionnantes. Je vous conseille d’ailleurs fortement de passer une nuit en bivouac au milieu de la jungle. S’endormir avec les bruits de la forêt Amazonienne, ça n’a pas de prix. 

Mon avis sur La Pampa

Une super expérience, quoiqu’un peu plus monotone. L’attrait principal de la Pampa, c’est la facilité avec laquelle on peut observer certaines espèces locales. Vous croiserez toutes les 5 minutes des crocodiles, des dauphins roses, des oiseaux du paradis, etc. Mention spéciale aux plus gros rongeurs de la planète, les Capybaras, qui font partie des animaux les plus mignons que j’ai vus dans ma vie.

Malgré la beauté de l’endroit, une journée entière dans une barque, ce n’est pas pour tout le monde. Je suis tombé sur un groupe et un guide en or, donc c’est passé tout seul. Mais j’ai eu des retours de voyageurs qui ont trouvé le temps long. C’est aussi un itinéraire plus touristique même si on est loin d’être les uns sur les autres. 

Dernière chose, vous allez vous faire bouffer par les moustiques. Je suis plutôt immunisée en France, mais, là-bas, c’est la guerre.  

Mon conseil : passez au moins 3 jours dans la Selva pour vraiment vous immerger dans l’atmosphère unique de la jungle.

Puerto Maldonado ou Rurrenabaque ? 

Il existe plusieurs portes d’entrée pour visiter la forêt amazonienne. Les deux plus connues, Puerto Maldona au Pérou et Rurrenabaque en Bolivie, présentent chacune des caractéristiques différentes.

Visiter l’Amazonie depuis Rurrenabaque en Bolivie

Pourquoi visiter l'amazonie depuis Rurrenabaque

Vous avez un esprit d’aventure ?  La ville de Rurrenabaque, moins développée, offre une expérience plus roots et authentique pour un prix très abordable. 

Visiter l’Amazonie depuis Puerto Maldonado au Pérou

Visiter l'Amazonie depuis Puerto Maldonada

Vous rêvez d’un séjour plus haut de gamme ? Puerto Maldonado est plus accessible et propose des lodges luxueuses pour un budget plus élevé. 

Bon à savoir : ma propre expérience est basée sur Rurrenabaque. Les informations sur Puerto Maldonado proviennent de recherches sur le web et de discussions avec d’autres voyageurs. 

Faut-il un traitement antipaludique pour se rendre en Amazonie bolivienne ? 

Le traitement préventif antipaludique (Chemoprophylaxis) est généralement déconseillé pour un séjour de courte durée (moins d’une semaine) en Amazonie Bolivienne en raison des nombreux effets secondaires. Cependant, l’option la plus sûre est de vous renseigner auprès de votre médecin en amont.  

Comment s’habiller dans la forêt Amazonienne ? 

Prévoyez des habits longs (pour vous protéger du soleil et des moustiques), mais légers, car la chaleur est étouffante. Pensez aussi à porter un chapeau et à bien couvrir votre cou. Dans l’idéal, aucune des parties de votre corps ne devrait être trop exposée. Les shorts et les t-shirts sont à proscrire.

Mes derniers conseils avant de partir explorer l’Amazonie Bolivienne

  • Prévoyez de l’antimoustique (beaucoup)
  • Emmenez un chapeau
  • Mettez à jour vos vaccins (fièvre jaune notament) 
  • Prévoyez une gourde (bouteilles en plastique interdites dans le parc)
  • Écoutez les guides et ne touchez pas à tout : c’est un environnement fascinant, mais qui reste dangereux. 
  • Emportez des jumelles 
  • Testez la balade nocturne et le bivouac dans la jungle
  • Choisissez bien votre agence (l’expérience peut varier en fonction de vos guides)  

De la Selva à la Pampa : mon expérience de 5 jours en Amazonie bolivienne

En Bolivie, chaque trajet en bus est une aventure à part entière. L’état des véhicules, des routes et cette fâcheuse habitude de se doubler dans les virages nous rappelle qu’on est loin de chez soi. Il existe beaucoup de fantamses autour de la route qui mène à Rurrenabaque. Un itinéraire périlleux, aérien, dans la lignée de la célèbre route de la mort. J’aimerais vous en dépeindre un tableau effrayant, mais, en vérité, j’ai dormi comme un loir pendant tout le voyage. Après 4 mois à vadrouiller en Amérique du Sud, le bus est comme une nouvelle maison.

Paradis perdu ou enfer vert : 3 jours dans la Selva 

Maria, Jared et Arthuro (le guide) seront mes acolytes pour les 3 prochains jours. Devant le rio Béni, nos sacs sont balancés à l’arrière d’une petite pirogue. Rurrenabaque disparaît peu à peu dans notre dos. Devant nous, l’immensité de la forêt amazonienne.

Notre campement est composé de quelques baraquement en bois recouverts de feuilles de bananes séchées. Au bout du sentier, le village d’une communauté locale. Quelques maisons, une école, un terrain de foot puis la jungle, qui s’étend à perte de vue. Il est temps d’explorer. Dans cette atmosphère humide et étouffante, chaque plante intrigue par sa forme étrange ou ses couleurs vives, chaque insecte inquiète ou fascine.

Le soir, on part à la recherche d’un habitant bien connu de l’Amazonie : la tarentule. Si elles sont presque invisibles la journée, à la nuit tombée, elles grouillent entre les branches et les racines. On regagne le campement, bien content de dormir sous une moustiquaire.

Le lendemain, on quitte le camp pour rejoindre notre point de bivouac. Arturo, Machette à la main, nous fraye un chemin à travers un dédale de végétation épaisse. À 11 ans, il s’est perdu 3 jours dans la forêt amazonienne. Depuis, il connaît la jungle comme sa poche.

La chaleur ne cesse de grimper. Des gouttes de sueur grosses comme des billes perlent sur mon front avant de terminer leur course dans la manche de ma chemise. Notre guide est dans son élément naturel. À chaque pause, il grille une cigarette en nous observant reprendre notre souffle. Il en profite pour nous rappeler qu’entre les fourmis balle de fusil et les serpents, il est préférable de ne pas s’appuyer contre un arbre.

Le point de bivouac est sommaire. Quatre poteaux en bois recouverts d’une bâche. Pendant qu’on installe nos tapis de sol et nos moustiquaires, Arturo prépare un feu sur la berge et, à l’aide d’un long tube en bambou, pêche une vingtaine de petits poissons argentés. 

– La comida : dit-il avec un large sourire. 

La soirée suit son cours dans une obscurité presque totale. Au crépitement des flammes se mêlent les bruits étranges de la jungle qui s’éveille. Je m’allonge sur ma paillasse, la tête rivée vers les étoiles. Quelle journée. 

2 jours dans la Pampa 

3 heures de route séparent Rurrenabaque de la ville de Santa Rosa de Yacuma, point de départ de notre excursion. Sur le trajet, on fait connaissance tout en découvrant la faune particulièrement riche qui habite la région. Caïmans, capybaras, hérons, toucans, paresseux, pas le temps de s’ennuyer. À l’arrivée, une longue pirogue en bois équipée d’un moteur hors-bord nous attend.

Contrairement à la Selva, les paysages semi-ouverts des plaines inondées facilitent l’observation des animaux. Les rives sont couvertes d’échassiers et de nids de hoazins dont la crête jaune donne un air très supérieur.

Malgré nos chemises longues et amples, les moustiques s’en donnent à cœur joie. On se dévorer à petit feu, croisant les doigts pour ne pas contracter le palu. Quand on arrive à notre hébergement, des écolodges sur piloti au-dessus de la rivière Yacuma, nos corps sont couverts de marques rouges.

Dans l’eau en contrebas, un caïman nous observe, immobile. Il attend les restes de la cuisine, ou que l’un d’entre nous fasse un mauvais pas.

Pour clôturer  la journée, on rejoint un spot réputé pour ses couchers de soleil. Malgré une atmosphère un peu plus “touristique” la vue est à couper le souffle. Devant nous, les plaines s’embrasent sous les dernières lueurs rougeoyantes du soleil.

En reprenant la barque, des dizaines de points blancs scintillent à la surface de l’eau. L’obscurité à recouvert le monde animal, pour les caïmans, c’est l’heure de la chasse

Le lendemain, on se baigne dans la rivière, en compagnie d’un groupe de dauphins roses (qui restent à une bonne distance). Apparemment, leur présence empêche les prédateurs de s’approcher. C’est sur cette belle expérience que se concluent ces 5 jours dans la forêt amazonienne.

Vous devriez avoir toutes les infos utiles pour bien préparer votre aventure. Si vous êtes de passage dans la région, c’est une expérience à ne surtout pas manquer. Avec l’ascension du Huayna Potosi, cela reste un des moments forts de mon voyage en Amérique latine.

N’hésitez pas à poser vos questions en commentaire. 

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